Depuis l’inauguration du "China-Europe Railway Express" en 2011, les trains de fret ont effectué plus de 14.000 trajets entre la Chine et l’Europe. Rien qu’en 2018, près de 5.000 trains de marchandises ont transité sur cette ligne de 12.000 kilomètres de long, qui relie désormais 22 provinces chinoises à 15 pays européens – dont la France.

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Une nouvelle "route de la soie"

Avec 370.000 EVP par an, le ferroviaire représente 1,6 % des flux de conteneurs entre l’Asie et l’Europe. Cela peut paraître encore modeste, mais les taux de croissance sont impressionnants (+35% en 2018) et on prévoit plus de 10.000 trains par an entre la Chine et l’Europe à partir de 2030.

Le régime chinois récolte ainsi les fruits de ses investissements colossaux. La stratégie "One Belt, One Road", officiellement lancée en 2013 par le président Xi Jinping, a permis de créer une nouvelle "route de la soie" entre la Chine et l’Europe. Plus de 450 milliards de dollars ont été investis dans les infrastructures ferroviaires chinoises. Les trains sont chargés dans des mégalopoles industrielles situées à l’intérieur du pays, traversent le Kazakhstan, la Russie et la Biélorussie, avant d’atteindre la Pologne puis l’Allemagne et l’ensemble du continent européen : Pays-Bas, Belgique, France, Espagne, Italie et même Royaume-Uni

Les atouts du train : 2 fois plus rapide que le bateau, 2 fois moins cher que l’avion

Le fonctionnement logistique du fret ferroviaire est très similaire à celui du fret maritime. La livraison est basée sur les mêmes incoterms et la cargaison est chargée soit en LCL (Less than Container Load), soit en FCL (Full Container Load). Le gain de temps est cependant très important : il suffit de 12 jours pour relier la Chine à l’Europe occidentale par voie ferrée, contre une trentaine de jours par voie maritime.

En ce qui concerne le coût de transport, le train est environ 2,5 fois plus cher que le bateau, si l’on se réfère au nouvel indice tarifaire mis en place par les opérateurs de chemins de fer russes, kazakhs et biélorusses : l’Eurasian Rail Alliance Index. Mais le rail peut malgré tout constituer une alternative intéressante pendant la "peak season" ou le Nouvel An chinois, lorsqu’on se retrouve en manque de capacité sur le maritime.

Par ailleurs, la fréquence importante des départs de trains reste un atout majeur par rapport au transport maritime : si la production n'est pas terminée dans les délais, on peut envisager d'expédier le reliquat par train la semaine suivante à un coût deux fois plus faible que le fret aérien. Et du point de vue de l’impact environnemental, le train reste le moyen de transport qui émet le moins de CO2 par tonne de marchandises transportée (entre 20 et 40 fois moins que par voie aérienne). Par rapport à l’avion, c’est donc une solution économique et écologique.

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Des trains pour transporter quoi ?

Le fret ferroviaire est le mode de transport idéal pour les marchandises avec des cycles de vie très courts, qui ne peuvent supporter ni les délais du maritime ni le surcoût de l’aérien. C’est le cas par exemple des produits électroniques, des pièces d’automobile et des vêtements (soumis aux cycles de la mode et des soldes).

La marque d'ordinateurs Hewlett-Packard, qui possède une usine à Chongqing, est un client majeur de cet axe ferroviaire eurasiatique. Cainaio, la filiale de fret du géant chinois Alibaba, relie désormais l’aéroport de Liège (en Belgique) à Zhengzhou (capitale de la province du Henan, en Chine centrale) grâce à une ligne ferroviaire dédiée. Et dans le sens Europe-Chine, le groupe BMW utilise le train depuis 2011 pour fournir son usine automobile de Shenyang en pièces détachées conçues en Allemagne.

En France, depuis avril 2016, une ligne ferroviaire relie Wuhan (est de la Chine) à Lyon en une quinzaine de jours. Cette liaison opère trois trains par semaine pour approvisionner notamment le fabricant de jeans Kaporal. Et depuis novembre 2017, la liaison Wuhan-Dourges (près de Lille) est assurée à hauteur de deux trains par semaine, pour PSA (moteurs de voitures) et Decathlon (articles de sport).

Afin de bien arbitrer entre les différents modes de transport et les nombreux opérateurs du marché, mieux vaut toutefois s’adresser à un commissionnaire de transport vraiment flexible, avec une excellente connaissance du secteur ferroviaire, mais aussi maritime, aérien et routier. C’est la meilleure solution pour ne pas se tromper.