Le ralentissement du commerce mondial et les tensions géopolitiques pèsent sur le fret aérien. A l'image de l'année 2019, la peak season en cours devrait être faible. Le marché européen, toutefois, limite la casse.


Quand le marché du fret aérien sortira-t-il du brouillard ? Face au net ralentissement du commerce international, l’horizon est flou. L'OCDE a estimé que la croissance mondiale ne dépasserait pas 2,9 % en 2019, et ne devrait probablement pas faire mieux en 2020, soit son niveau le plus bas depuis la récession mondiale de 2009.

Plusieurs facteurs aggravants sont identifiés :

  • la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine. La menace de l'administration Trump d'appliquer de nouveaux tarifs douaniers sur les produits chinois au 15 décembre inquiète toujours les marchés.
  • les fortes tensions sociales à Hong Kong perturbent l'activité de l'aéroport international, plaque tournante du fret mondial.
  • un marché mondial de l'automobile qui patine, avec un recul attendu de 4 % sur 2019, à 77,5 millions d'unités vendues. L'agence de notation Fitch ne prévoit aucune croissance pour 2020. En Chine, les ventes se sont écroulées (-11 %) sur les dix premiers mois de 2019.
  • toujours de nombreuses incertitudes autour du Brexit, des prix du pétrole ou encore de la situation au Moyen-Orient.

Révélateur sensible de l'état du commerce mondial, le marché du fret aérien (et du fret en général) se contracte durablement. Conséquence, la traditionnelle peak season dans les airs devrait être moins longue et bien moins intense qu'au cours des deux précédents exercices.

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L'Association du transport aérien international, l'IATA, a révélé début décembre que le fret aérien avait subi en octobre une baisse de 3,5 % de la demande (mesurée en FTK, tonnes-kilomètres de marchandises) comparé à octobre 2018. L'IATA pointe “un faible départ de la traditionnelle saison haute” et “le douzième mois consécutif de déclin annuel des volumes de fret”. Il s’agit “du résultat annuel le plus faible depuis la crise financière mondiale”, a ajouté Alexandre de Juniac, son directeur général.

Dans le détail, la demande a décroché partout : Asie Pacifique (-5,3 %), Amérique du Nord (-2,4 %), Europe (-1,5 %), Moyen Orient (-6 %). Seule l'Afrique progresse (+12,6%), mais le continent ne représente que 1,6 % du marché mondial.

Des taux de fret aérien en hausse sur l’axe Europe-Asie

En réalité, bien que tardif et modeste, un pic se profile tout de même : cette année, le marché se contentera d’une mini peak season, surtout en Europe.

En effet, selon TAC Index, l'axe Asie-Europe se reprend depuis novembre, dynamisé par l'effet Noël. Les taux de fret sur cette route se rapprochent des taux enregistrés en 2018 à la même époque : 3,26 $/kg en novembre (+8,7 % par rapport à octobre) sur l'axe Europe-Hong Kong. Plus tôt, en septembre, les taux sur l'axe Shanghai-Europe avaient déjà bondi de 10,45 %. A l’opposé, une chute brutale des taux a affecté l'axe transpacifique Hong Kong-Amérique du Nord (-28,5 % comparé à octobre 2018), à 3,84 $/kg, baisse la plus importante depuis mai 2016.

“L’activité économique meilleure que prévu au troisième trimestre dans plusieurs grandes économies de la région (Europe) a soutenu la demande”, analyse l’IATA.

Pas de véritable rebond avant mi-2020 ?

Pour 2020, la seule certitude communément admise aujourd’hui semble être... l'incertitude. Comment se déroulera le Brexit ? Un accord commercial entre les États-Unis et la Chine sera-t-il conclu ? La consommation mondiale reprendra-t-elle des couleurs ? Difficile de se projeter.

Malgré cela, l'IATA fait preuve d'optimisme, même à propos des liaisons Amérique du Nord-Chine : “Le dégel des relations commerciales entre les États-Unis et la Chine et la forte croissance économique dans les économies clés de la région constituent des progrès”. Toutefois, la direction de l'Association internationale du fret aérien (The International Air Cargo Association, TIACA) estime pour sa part que la faiblesse actuelle du marché pourrait perdurer jusqu'à la mi-2020 minimum.


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