A compter du 1er janvier 2020, le fuel s’apprête à devenir beaucoup plus cher pour tout l’écosystème maritime, y compris les chargeurs.

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IMO 2020 - qu’est-ce que c’est ?

Le transport maritime représente 80% du transport mondial. L’hydrocarbure le plus utilisé par les navires est un fuel-oil lourd contenant du soufre considéré comme un déchet des raffineries. La combustion de ce fuel provoque des émissions de SOx (oxydes de soufre) nocives pour l’environnement mais également pour la santé.

L'OMI (Organisation Maritime Internationale, IMO en anglais) s'est engagée à les réduire drastiquement. A compter du 1er janvier 2020, les émissions d’oxydes de soufre (SOx) seront limitées à 0,5% m/m (masse par masse), contre 3,5% actuellement.

Cette régulation de l’OMI s’appliquera hors des zones de contrôle des émissions (ECA) dont le plafond est déjà limité à 0,1% de teneur en soufre (Amérique du Nord, mer des Caraïbes, mer Baltique, mer du Nord).

Un impact majeur sur l’environnement et la santé

Les émissions de SOx peuvent provoquer des symptômes respiratoires ou des maladies pulmonaires. Elles contribuent également à l’acidification des océans et à l’apparition de pluies acides, dégradant ainsi les récoltes, les forêts et les espèces aquatiques.

Le constat est tombé en 2016 lorsque la Finlande a publié une étude portant sur l’impact sanitaire des émissions de SOx issues des navires. Le rapport révélait que si la teneur en soufre du fuel-oil utilisé par les navires ne diminuait pas à partir de 2020, la pollution de l’atmosphère par les navires entrainerait plus de 570 000 morts prématurées supplémentaires dans le monde entre 2020 et 2025.

Grâce à la nouvelle réglementation "Low Sulphur", les émissions globales devraient diminuer de 85%, ce qui réduirait ainsi de manière très significative l’impact de ces émissions sur l’environnement et sur la santé humaine.

Conséquences pour les compagnies maritimes

Les coûts qu’implique une telle réduction pourraient toutefois être extrêmement lourds pour les transporteurs et leurs clients. Tout l’écosystème du transport maritime en sera impacté.

Afin de respecter cette mesure, les armateurs disposent de plusieurs solutions :

  • Utiliser des fuels à faible teneur en soufre ou du diesel marin, deux fois plus cher que le carburant actuel
  • Exploiter des énergies alternatives comme le gaz naturel liquéfié (GNL)
  • S’équiper de scrubbers, des systèmes de lavage des gaz d’échappement par retraitement des fumées

Toutes ces solutions impliquent de lourds investissements pour les compagnies maritimes. Ces dernières ont d’ores et déjà annoncé que les surcharges liées aux carburants seront revues à la hausse en vue des mesures qu’elles allaient devoir prendre pour respecter cette réglementation.

A quoi faut-il s’attendre concernant le coût du fret ?

Une Low Sulphur Surcharge (LSS) est peu à peu mise en place par les compagnies maritimes, telle que la LSS China. En effet, depuis le 1er janvier 2019, tous les conteneurs en sortie des ports de Chine sont censés utiliser un fuel propre à faible teneur en soufre.

Egalement depuis 2019, la surcharge BAF* (Bunker Adjustment Factor) et le taux de fret ont été dissociés afin de mieux respecter les variations du coût du pétrole.

Toutes ces surcharges risquent d’augmenter considérablement le coût du fret. Selon certains experts, cette mesure de l’OMI représenterait un surcoût majeur estimé entre 160 et 300 USD/EVP (Equivalent vingt pieds).

* La surcharge BAF varie en fonction du cours du pétrole.