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Selon une étude publiée par l’organisation intergouvernementale européenne EUROCONTROL, certaines compagnies aériennes ont une fâcheuse tendance à pratiquer le “fuel tankering”. Autrement dit : elles remplissent les réservoirs des avions au maximum, quitte à polluer plus en vol, pour éviter d'avoir à se ravitailler dans des aéroports où le carburant est plus cher. On vous explique pourquoi la situation est préoccupante…

Une pratique courante et polluante

Le transport aérien représente à lui seul entre 2% et 3% des émissions mondiales de carbone. Les compagnies ont beau clamer haut et fort qu’elles s’engagent à réduire leur facture carbone, elles continuent par ailleurs à surcharger certains de leurs avions en carburant. Leur objectif : économiser de l’argent, sans se soucier des conséquences écologiques.

Le calcul est simple : quand le prix du kérosène est plus cher dans l’aéroport d’arrivée que dans celui de départ, il est parfois plus rentable de faire décoller un avion avec les réservoirs sur-remplis, pour pouvoir effectuer l’aller-retour sans avoir à refaire le plein. Selon EUROCONTROL, cela concernerait 1 vol sur 6 en Europe. Et en moyenne, cela permettrait aux compagnies d’économiser 126 euros par vol – malgré le surcoût lié au poids du carburant supplémentaire chargé dans les réservoirs.

Seulement voilà, cette pratique a de lourdes conséquences sur l’environnement. Elle engendre une émission superflue de 901.000 tonnes de CO₂, soit l’équivalent :

  • de 2.800 allers-retours Paris-New York en avion ;
  • des émissions annuelles d'une ville européenne de 100.000 habitants.

British Airways pointée du doigt

Suite à la diffusion d’une reportage de l’émission Panorama sur la BBC, la compagnie British Airways s’est retrouvée au coeur d’une polémique. Les journalistes ont révélé que le transporteur britannique pratiquait largement le “fuel tankering”, ce qui a généré une sur-émission de 18. 000 tonnes de CO₂ entre 2017 et 2018. British Airways, qui déclare vouloir diviser par deux ses émissions de CO₂ d’ici à 2050, a reconnu les faits et s’est engagée à revoir sa politique en matière de “fuel tankering”.

Une ébauche de solution ?

Chez Lufthansa et Air France, on admet que cette pratique s’étend à l’ensemble du secteur. Chaque compagnie affirme n’y avoir recours que de manière exceptionnelle, mais les chiffres d’EUROCONTROL montrent que la somme de toutes les “exceptions” finit par atteindre un niveau très élevé.

Pour mettre un terme à ces stratégies non durables, EUROCONTROL recommande la fixation d’un prix unique du carburant dans l’intégralité des aéroports européens. Autre option interventionniste : taxer le kérosène. Une idée qui commence à faire son chemin…

Si vous avez recours au transport aérien pour vos importations ou vos exportations de marchandises, vous pouvez choisir votre compagnie aérienne en vous faisant accompagner par un commissionnaire de transport de confiance. Il vous aidera à trouver un transporteur qui remplit tous vos critères sans trop remplir ses réservoirs.