C’est un record mondial et c’est l’oeuvre d’un armateur français. Le groupe CMA CGM a mis à l’eau le plus grand porte-conteneurs propulsé au gaz naturel liquéfié (GNL) dans toute l’histoire du transport maritime. Un navire gigantesque de 23.000 EVP, inauguré à Shanghai le 25 septembre 2019.

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C’est quoi, le GNL ?

Ce géant de 400 mètres de long – baptisé “Jacques Saadé” en l’honneur du fondateur du groupe, décédé en 2018 – est le premier d’une série de neuf navires français qui carbureront tous au GNL.

Le GNL désigne la forme liquide du gaz naturel, un hydrocarbure léger constitué à 90% de méthane, que l’on trouve dans le sous-sol sous une forme naturellement gazeuse. Pour obtenir du GNL, on refroidit le gaz à -160°C. Ainsi liquéfié, il est très condensé, donc plus facilement transportable par voie maritime.

Cap sur la transition énergétique

Actuellement dans le monde, seuls quelques rares navires sont propulsés au GNL et aucun ne peut transporter plus de 2.000 conteneurs . La quasi-totalité des porte-conteneurs sont propulsés au fioul lourd, très polluant en soufre et en particules fines.

Le passage au GNL constitue une étape importante dans la transition énergétique du transport maritime. Ce combustible permet en effet de réduire de 99% les émissions d’oxyde de soufre et de 85% les émissions d'oxyde d'azote. Un bon moyen de se conformer à la nouvelle réglementation “Low Sulphur” de l’Organisation maritime internationale (OMI), qui entrera en vigueur au 1er janvier 2020. En revanche, cette technologie ne réduit que de 20% les émissions de CO2, ce qui s’avère insuffisant pour atteindre l’objectif de -50% fixé par l'OMI d’ici à 2050.

Le prix de la durabilité

Même si le prix du gaz naturel est inférieur à celui du fioul, la fabrication d'un porte-conteneurs propulsé au GNL coûte entre 15% et 20% plus cher que pour une motorisation classique. Sans compter qu’il faut investir dans une nouvelle chaîne d'approvisionnement avec les ports et les fournisseurs de GNL. Il faudra donc payer un peu plus cher pour bénéficier de cette solution de transport plus propre. Globalement, la norme IMO 2020 "Low Sulphur" va entraîner un surcoût pour l’ensemble du transport maritime – ce qui peut vous amener à reconsidérer le recours au fret ferroviaire.

Si vous hésitez et si vous avez besoin de conseil pour arbitrer entre les différents modes de transport de marchandises, le mieux reste encore de vous adresser à un commissionnaire de transport. Ce partenaire logistique saura vous aiguiller et vous aider à prendre les meilleures décisions.